La piña colada

Aug. 11, 2015

Si vous aimez le soleil, la plage et les rencontres d’un soir dans une station balnéaire à l’ombre des cocotiers, ce cocktail est fait pour vous

1. Munissez-vous d’un large couteau de boucher et posez la noix de coco jeune sur une surface stable. Avec le couteau de boucher, donnez trois grands coups dans la noix de coco en dessinant un triangle. Servez-vous de l’extrémité du couteau pour ôter l’ouverture ainsi formée. C’est la meilleure façon pour accéder à l’intérieur d’une noix de coco sans perdre un doigt au passage.

2. Versez l’eau de la noix de coco dans un blender. Avec une grosse cuillère, évidez l’intérieur pour récupérer la chair que vous mettrez ensuite dans le blender. Mixez pendant quelques minutes jusqu’à obtenir une consistance bien onctueuse et réservez à part.

3. Dans le blender, mélangez les 6cl de lait de coco, les morceaux d’ananas congelés et les 6cl de vieux rhum. Mixez pendant 30 secondes et versez directement dans la noix de coco. Râpez un peu de noix de muscade fraîche sur le dessus et servez avec une paille et une rondelle d’ananas en garniture.

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Visitez l’île de Kagoshima en 4K aérien

Aug. 11, 2015

Survoler ce paradis sauvage en drone offre un autre regard sur le Japon.

Ce n’est pas vraiment le visage qu’on a du Japon. Ici pas de mégalopoles, de tours et de néons. Dans la dernière vidéo de Yuki Eikawa, on explore l’île sauvage de Kagoshima en drone équipé d’une caméra 4K. C’est beau, c’est exactement là où j’aimerai être en ce moment plutôt qu’à écrire c’est lignes que vous ne lirez pas parce que ce qui est réellement intéressant, c’est la vidéo ci-dessous : 

On a goûté aux vins les plus girly que l’on puisse trouver aux États-Unis

On a goûté aux vins les plus girly que l’on puisse trouver aux États-Unis

Aug. 11, 2015

Si vous avez déjà traîné vos guêtres de gourmet en vadrouille au rayon vin d’un supermarché américain, vous n’avez pas pu passer à côté d’elles. Elles sont là, bien alignées en tête de gondole, leurs étiquettes arborent des couleurs vives, parfois agrémentées de silhouettes en talons aiguilles et minijupes et vantent les mérites d’un épicurisme à l’accent très féminin

Sur les étiquettes, la charte graphique utilisée rappelle les agendas pour adolescentes (ceux avec des papillons à paillettes) et les conseils de dégustation du viticulteur sonnent comme un mauvais monologue extrait d’un épisode de Sex and the City. L’ambition du vin pour meuf aux États-Unis est claire : il semble vouloir s’inviter dans les soirées entre trentenaires célibataires ou les sessions replay entre copines de l’émission de téléralité Bachelorette. Le plus triste, c’est qu’en plus de faire preuve d’une forme d’originalité toute relative, ces bouteilles de vins coûtent systématiquement plus cher que les autres.

Pour ma part, je n’ai jamais claqué plus de 20 balles dans une bouteille de pinard et pour tout avouer, je n’ai aucun problème avec l’achat d’une bouteille de Villageoise. J’étais donc forcément un peu curieuse à l’idée de goûter la douce boisson qui se cachait derrière tous ces labels aux couleurs criardes. Et puis, il fallait bien que j’adapte mes goûts de pochtronne à l’air du temps : aux États-Unis, l’industrie du vin rapporte des millions de dollars et les femmes représentent plus de 59% des parts de marché. Le nombre de femmes qui achètent du vin n’a jamais été aussi important.

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Toutes les photos sont de Raftermen Photography

Surtout, il fallait que je réponde à cette question existentielle : Est-ce qu’un vin qui répond au nom de « Party Girl Pink » a-t-il seulement une chance de se révéler bon ?

J’ai donc mis de côté la féministe cynique qui bouillonnait en moi (et aussi, je dois l’avouer, un peu de mon amour-propre) pour tenter de trouver une réponse à cette question.

Dans un supermarché quelconque au coin de ma rue, j’ai acheté les cinq bouteilles les plus girly que j’ai pu trouver et j’ai fait appel à l’aide d’une sommelière pour me guider dans ma quête. Perrine Prieur est une sommelière originaire de Bourgogne. Elle a grandi dans une famille de vignerons et baigne dans le monde du vin depuis l’enfance. Elle a étudié au Lycée hôtelier Le Castel de Dijon puis a décroché son premier job de sommelière dans un célèbre restaurant étoilé de Londres, Le Gavroche. Plutôt respectée dans le milieu, Perrine s’occupe aujourd’hui d’une cave réputée à Atlanta.

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J’ai donc passé une heure avec elle à explorer le monde des vins pour meufs, en fonctionnant selon le principe d’une dégustation à l’aveugle et avec un « bon vin » en guise de repère gustatif (ici, un pinot noir de 2013 provenant de la vallée Willamette, sur la Côte Ouest américaine). Je vous laisse juge.

Butterfly Kiss (le baiser du papillon), muscat ($11.99)

Note du producteur : « Léger, sucré et… hmmm, délicieux. Floral et fruité avec une touche pétillante. Moscato + tes copines préférées = la perfection. »

Le verdict de la sommelière : « Oxydé, pas clair, sans acidité et avec un arrière-goût de produit chimique. C’est un peu comme boire du jus de pomme. Il n’a pas d’acidité, pas de goût en fin de bouche. » Elle a deviné que le cépage était un mauvais riesling. Lorsqu’on dévoile que le vin est un muscat, Perrine a l’air abattue et m’explique qu’elle n’aime pas ce cépage parce qu’il n’est pas représentatif du goût du raisin. Elle me confie : « Je boirais ça si j’avais 16 ans, mais uniquement parce qu’il est sucré et alcoolisé. »

Ma note perso : Ce vin a un goût de vieux Labello goût fraise, et pas celui qu’on achète en pharmacie.

Middle Sister « Drama Queen », pinot Grigio ($11.29)

Note du producteur : « Un Pinot Grigio sensationnel, un vin qui accompagne les soirées entre amis comme les défilés de mode ou les galas de charité… ou pour ces rares fois où l’on ne sort pas dîner dehors. »

Le verdict de la sommelière :  « Absence de goût, savonneux, avec une acidité artificielle, une saveur chimique. » Vous connaissez la rumeur qui dit que l’on peut tromper un chien renifleur de drogue en trempant si on trempe sa drogue dans de la pisse de chat ? Et bien, cette rumeur est complètement fausse mais c’est un peu l’effet qu’à fait le « Drama Queen »  au palais bien entraîné de Perrine. À la première gorgée, prudente, elle m’a dit que l’acidité avait une saveur artificielle. Elle m’a ensuite expliqué que les mauvais producteurs de vin fermentaient souvent une énorme quantité de jus de raisin et y ajoutaient de l’acide acétique pour que leur vin prenne artificiellement du goût.

Ma note perso :  Provoque des rots et sent le savon.

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Party Girl Pink (La fêtarde en rose), rosé ($12.99)

Note du producteur : Un rosé demi-sec moelleux et rafraîchissant, aux notes de fraises et de crème, conçu spécialement pour délivrer une explosion de fun, de rires et de parfums. À servir dans une coupe. 

Le verdict de la sommelière : « Ça sent le vin qui n’est pas bien fait, il n’est pas frais, il y a des notes de pétrole. » Quand j’ai servi le vin rose bonbon dans son verre, le regard de Perrine s’est illuminé. « Ah ! Du Rosé ! Je suis fan de Rosé » s’est-elle exclamée en tendant son bras vers une étagère remplie de bouteilles, derrière elle. Puis elle a goûté : « Je ne peux pas boire ce genre de vin. » Après une petite gorgée, elle a voulu passer au suivant : « C’est imbuvable. Même pour rire, je ne boirai pas ce truc. C’est dégueulasse. »

Ma note perso: C’est comme lécher une bougie parfumée.

Skinnygirl California, mélange de différents blancs ($14.48)

Note du producteur : « Croustillant et équilibré, notre Skinnygirl California a tout pour plaire. Avec ses notes corsées de miel, d’écorce d’orange et de fruits tropicaux, ce délice californien est parfaitement équilibré entre le fruité et le floral. En plus, c’est un vin blanc faible en calories ! »

Le verdict de la sommelière : « C’est juste du vin avec du sucré ajouté. C’est chiant. » En buvant et en étudiant le verre, Perrine a tranché : « Je ne sais pas… Il n’y a aucun goût marqué. C’est juste sucré. Il n’y a rien dans ce vin. »

Ma note perso : Ann Veal, de la série Arrested Development, mais réincarnée dans du vin.

Les Skinnygirl Cocktails ont été créées par Bethenny Frankel, une star du show de téléralité américaine The Real Housewives, qui suit le quotidien de riches mondaines de New York. Elle a depuis revendu la marque de vin et veut maintenant lancer un business atour de la marijuana : une weed qui ne donne pas la fringale.

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Mommy’s Time Out (Le bon temps de maman), rouge ($15.29)

Note du producteur : « Ce vin rouge est facile à boire et provoque une agréable sensation en bouche, une texture soyeuse et un arôme plaisant. »

Le verdict de la sommelière : « Trop mûre, trop moite, un peu comme s’ils avaient fait leur vin dans une cuve sale dans laquelle ils auraient jeté un peu n’importe quoi. Ça sent le mauvais pinard, a continué Perrine. Soit leurs raisins ne sont pas lavés, soit ils ne sont pas frais. » Quand je lui dis que j’avais payé 15$ pour cette bouteille, elle est restée bouche bée :  « Je suis désolée d’entendre ça… 15$ pour ça ? C’est juste un vin douteux qui sent le moisi. »

Ma note perso : La promesse de ce vin est un peu perturbante. J’avais pourtant de l’espoir pour celui-là : parmi tous ces blancs écoeurants, ce vin rouge était peut-être riche et profond ? Tout l’inverse.

En conclusion : s’il existe ne serait-ce qu’un seul « vin pour filles » à avoir effectivement le goût de vin, on le cherche encore. Et cela n’a pas grand-chose à voir avec le prix. Perrine a pu me montrer quelques bouteilles dans sa boutique qui étaient moins chères et bien meilleures que celles qu’on a goûtées. Elle m’a expliqué que « La saveur d’un vin ne doit pas mourir deux secondes après l’avoir eu en bouche ».

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Les cinq vins pour filles qu’on a testé étaient chacun mauvais à leur façon, tantôt fades ou trop corsés, au goût synthétique ou trop acide. Sans parler du fait qu’aucun d’eux n’était une représentation réelle de la variété ou du cépage listés sur l’étiquette : « J’étais incapable de distinguer quels raisins avaient été utilisés dans ces vins, parce qu’ils n’avaient pas le goût qu’un raisin est supposé avoir », a conclu Perrine. 

Chaque vin était tellement enjolivé de fioritures et de gribouillages, que la qualité du vin passait au second plan. En fait, j’ai l’impression que les marques s’approprient des conceptions démodées de la féminité : le « tout en rose », l’idée de la femme gourmande et coquine. Ces produits mièvres font tort aux femmes modernes, et d’après Perrine c’est tout autant négatif pour l’industrie : « Ces vins-là ne valent guère plus de 5$, et pourtant ils sont vendus beaucoup plus chers et les gens achètent. »

Il est certain que ces vins-là ne brilleront jamais sur le marché américain du vin pour leurs qualités gustatives, mais en tant qu’Américaine, le fait que l’on privilégie le succès commercial aux dépends du succès gustatif me fout un peu la honte. Canopy Management, la société a laquelle appartient Middle Sister (le deuxième vin dégusté), a vendu sa millionième caisse de vins en 2013. Forbes estime que le montant du rachat de la marque Skinnygirl en 2011 s’élève à plus de 100 millions de dollars.

En réalité, ce qui est encore plus triste que le pseudo-marketing qui pue le sexisme des années 1950, c’est le vrai manque de personnalité et de substance des vins en question. « Le vin est une boisson qui vit, qui raconte une histoire », comme le dit si bien Perrine. 

Malheureusement pour nous, la seule histoire que nous avons trouvée dans ces « vins pour meufs » racontait à peu près la même chose que celle déjà à l’œuvre dans les stylos-billes pour femmes.

GRAY CHAPMAN

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